A l’horizon 2030, la consommation finale d’énergie devrait décroître de 20 % entre 2010 et 2030, pour passer de 153 à 122 Mtep (millions de toes d’équivalent pétrole). Le secteur résidentiel, principal contributeur de cette baisse, devrait afficher une réduction de 31 % (c’est-à-dire une réduction de 15 Mtep). Le secteur du bâtiment (existant et neuf) devrait coaître une baisse de 25 %.Les transports et le tertiaire disposent chacun d’un potentiel d’économie estimé à environ 20 %.
Ces hypothèses permettent d’estimer une baisse de 30 % de la consommation d’énergie primaire et des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. De fait, ces chiffres laissent à penser que les objectifs européens (-20 % sur ces deux indicateurs en 2020 par rapport à l’aée de référence 1990) et nationaux (objectif de -38 % de consommation de l’existant de Grenelle I) sont atteignables, mais nécessiteront de réels investissements pour être réalisés.
L’ADEME a travaillé sur l’hypothèse d’un développement régulier de l’éolien et du photovoltaïque (1,5 GW par an), ce qui correspond en 2030, à une capacité de 80 GW pour ces deux sources d’énergie contre 32 GW seulement pour le nucléaire. En prenant en compte leurs apports discontinus, les énergies renouvelables devraient donc représentées la moitié de la production d’électricité et 34 % de la production d’énergie finale.
Pour 2050, le scénario se fonde sur des hypothèses documentées et argumentées, mais plus difficiles à justifier, comme par exemple, la baisse de 20 % de la mobilité et des surfaces par employé. En 2050, l’ADEME estime que les 36 millions de logements constituant le parc se répartiront en deux catégories : 27 millions d’habitations rénovées (construites avant 2020) qui consommeront 130 kWhep/m2/an pour tous usages et 9 millions de constructions neuves dont les besoins seront de 100 kWhep/m2/an pour tous usages. Les besoins pour les particuliers se répartiraient entre 80 kWhep/m2/an pour les usages thermiques (chauffage, ventilation, climatisation, éclairage et l’eau chaude sanitaire) et 50 kWhep/m2/an pour les usages couverts par l’électricité (usages spécifiques). Les tendances de 2030 sont extrapolées pour atteindre une baisse de 50 % des consommations d’énergie finale et de 75 % des émissions de gaz à effet de serre. Pour résumer, le scénario de l’ADEME pour 2050 indique que le « facteur 4 », objectif de ce scénario, est bien atteignable. Pour mémoire, le « facteur 4 » désigne un objectif ou un engagement écologique qui consiste à diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d’un pays ou d’un continent doé, à l’échelle de temps de 40 ans (2050). A noter que ce scénario 2050 permet à l’Ademe d’imaginer une indépendance au pétrole à cet horizon. Elle estime en effet que les voitures thermiques seront alimentées principalement au gaz qu’il soit « bio » ou non, mais également que l’offre de la 2ème voire 3ème génération d’agro-carburants se sera développée. « Le vecteur gaz présente l’intérêt de pouvoir être décarboné progressivement », précise François Loos, le Président de l’Ademe.
Les hypothèses de ce rapport restent des hypothèses ; de fait, les conclusions de ce rapport sont obtenues sur des hypothèses qui peuvent être discutées. Quoiqu’il en soit, les chiffres de 2030 et 2050 dépendront de nos efforts, de notre motivation, de nos décisions politiques, de nos outils…
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