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Experts J3e 10 Février, 2014

L’open innovation, par laquelle un grand groupe intègre l’innovation des start-up, est cruciale

En 5 ans, l’association Cleantuesday a organisé environ 150 évènements répartis dans les dix plus grosses villes françaises et une dizaine de pays. Elle rassemble environ 15 000 professionnels des cleantechs à l’échelle mondiale.

L’open innovation, par laquelle un grand groupe intègre l’innovation des start-up, est cruciale
David Dornbusch, président du cleantuesday

 Son but est d’introduire les méthodes de travail de l’Internet dans le monde des cleantechs et de faire travailler les start-up et les grands groupes, parfois insuffisamment ouverts à l’iovation externe. L’open iovation, par laquelle un grand groupe intègre l’iovation des start-up, est en effet cruciale. L’économie des géants du numérique, Microsoft et Google, fonctioe autour d’un modèle simple : des entreprises géantes enviroées d’un écosystème de start- up, qui sont partenaires ou fournisseurs sur les projets. Pour schématiser, chez Microsoft, pour un employé de l’entreprise, il y en a cinq, employés par des start-up, qui travaillent en lien avec l’entreprise. Or l’économie française n’est traditioellement pas structurée de cette manière. Elle est partagée entre de grands groupes qui s’appuient sur de l’iovation interne, et de toutes petites sociétés sous-traitantes, avec une insuffisance d’entreprises de taille intermédiaire. C’est d’autant plus dommage que la France ne dispose pas, comme aux États-Unis, de puissants fonds d’investissement, ou, comme l’Allemagne, d’un tissu très dense de grosses PME, voire des fonds publics chinois.

Les start-up doivent donc se tourner vers leurs partenaires naturels : les grands groupes. En effet, dans le secteur des technologies propres, elles ne peuvent s’en passer pour deux raisons. La première, pour compenser des frais de recherche et développement souvent importants car répartis sur des dizaines d’aées. La commercialisation doit être conséquente, et les coûts de déploiement à l’échelle mondiale sont colossaux. Par exemple, sur le milliard de dollars de fonds levés par la société Tesla, spécialisée dans la voiture électrique, les trois quarts sont consacrés à la commercialisation. Cette situation est très marquée en France dans le domaine des infrastructures électriques : alors qu’en Allemagne, on peut dénombrer environ deux cents producteurs d’électricité significatifs, en France, les partenaires potentiels pour les start-up sont beaucoup moins nombreux. Pour les grandes entreprises, l’open iovation est la condition pour rester iovantes et pour se développer car plus aucune société n’est à l’abri de la mondialisation et des ruptures dans les modèles économiques. C’est un outil de management, pour dynamiser la recherche et le développement interne, qui débouche trop souvent sur des iovations marketing et pas assez sur des iovations de rupture. Or ces dernières permettent de fixer des standards et des modèles qui permettent ensuite de peser dans les standards mondiaux.

L’iovation est aussi financière. Le monde est dans une situation de surliquidité, d’excédents de capitaux. Beaucoup de capitaux devraient pouvoir se concentrer dans les secteurs du smartbuilding. Aux États-Unis, 90 % des paeaux solaires sont posés en tiers financement (un tiers financeur prête la somme pour installer les paeaux et se rembourse sur une partie des gains réalisés). Pour la première aée, il va se poser plus de paeaux solaires aux États-Unis qu’en Allemagne, ce qui conduit à mobiliser l’énorme machine financière américaine, et à générer de l’iovation financière (par exemple, la titrisation (1) du parc de paeaux solaires). En France, le tiers financement du solaire ne se met pas en place.

 Le problème est plus important dans l’efficacité énergétique, qui n’est pas aujourd’hui considérée comme « bankable » par les grandes institutions financières. Les projets sont trop petits : les grands financeurs ont besoin de gros projets. Il est difficile d’établir des ensembles homogènes, tant les projets d’efficacité énergétique sont différents. Enfin, le remboursement du financement par une partie des économies réalisées par l’efficacité énergétique manque de « track record » ; elle n’est pas encore considérée comme suffisamment fiable. Si ces conditions étaient réunies, le secteur de l’efficacité énergétique coaîtra un essor sans précédent dans les prochaines aées.

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