Autre exemple ! Pour Icade, société immobilière filiale de la Caisse des Dépôts, dont la devise est de « doer vie à la ville », la lumière représente certes un investissement, mais qui est rentabilisé en terme d’image valorisante, de promotion de qualité de construction, que « l’on a plaisir à révéler », et en terme d’architecture en permettant une différenciation nocturne aisée. Enfin, comme dernier exemple, je prendrai celui de la mise en lumière du DataCenter « Interxion V » à Saint-Denis, en banlieue parisiee. La municipalité hésitait à voir s’implanter, au cœur de la ville, un bâtiment sans vie apparente. Le projet de mise en lumière dynamique a participé à la levée de ses réticences.
L.E.D. — À propos d’éclairage dynamique, qu’entend-on par là ?
F. M. — Ce concept a été porté par l’éclairage scénique qui, quant à lui, n’a pas de souci de péreité. Bon nombre de concepteurs lumière venant du spectacle ont « descendu » ce concept dans la rue « qui entre de plus en plus en scène ». Deux évolutions accélèrent « l’urbanisme lumière », d’abord statique et aujourd’hui dynamique. L’engouement suscité, entre autres, par la fête des Lumières, à Lyon, ou les Nuits blanches, à Paris, prouve que le temps de vivre gagne sur la nuit. Cette évolution appelle un regard nocturne différent à porter sur la ville.
Depuis plus d’une vingtaine d’aées, les mises en lumière pérees de sites remarquables se multiplient, les concepteurs lumière ayant largement contribué à ce développement. Aujourd’hui, cette tendance devient encore plus « dynamique » avec l’apparition des LED qui, au-delà de la « simple » mise en lumière, permet, à la fois, de réaliser une réelle gestion « éco-responsable » des systèmes d’éclairage, mais, aussi, d’apporter des solutions complémentaires de programmation animée de type « spectacle ».
L.E.D. — Votre dernier « Rencard de l’ACEtylène » a permis d’explorer les perspectives offertes par l’éclairage dynamique. Dans le contexte économique actuel, cette évolution reste-t-elle politiquement correcte ?
F. M. — Effectivement, nous vivons une période paradoxale. Une ville vivante « où il fait bon vivre » doit prendre en compte sa dimension nocturne et trouver des réponses satisfaisantes pour ses usagers. D’un côté, les élus sont séduits par les « vertus » de la technologie LED, alors qu’il reste beaucoup de progrès encore à faire au niveau de cette technologie, en se l’appropriant pour valoriser son image « éco-citoyee » auprès de ses électeurs et proposer des attraits nocturnes. De l’autre, diminue cette notion féerique de la ville lumière alors que progressent les réponses au nécessaire développement durable, au besoin d’efficacité énergétique et de réduction de la pollution lumineuse.
Il n’empêche qu’il convient de conserver son bon sens. Dans toute ville où l’on habite, travaille, échange, bouge, soigne, étudie… on ne cherche pas les mêmes attraits qu’à la campagne. La lumière doit y être prégnante à certaines heures, présente à d’autres, et parfois discrète. Pour ce faire, il est nécessaire de la gérer au mieux afin de limiter intelligemment les consommations d’énergie.